Le Télégramme 17/07/02
Enfants. Une croisière pour oublier la maladie
Oublier la maladie durant une semaine, et ne plus penser qu'à la voile et à la découverte des îles et de l'océan, c'est un rêve pour ces enfants qui côtoient bien plus souvent les hôpitaux. (Photo Myriam Plaute dit Lebrun).

Ils sont 27 enfants, venus de toute la France, âgés de 8 à 18 ans. Ils ont embarqué vendredi dernier, au port de plaisance de Kernével, sur six voiliers de 33 à 40 pieds, assistés chacun par un skipper professionnel, pour une croisière de rêve entre les grandes îles bretonnes.

Tous ces jeunes ont plusieurs points communs : le premier est qu'ils sont tous atteints, en rémission, ou guéris, d'une leucémie ou d'un cancer. Le deuxième facteur est qu'ils sont tous partants pour découvrir les bonheurs et les sensations de la voile, auprès d'adultes bénévoles passionnés de navigation, qui se sont réunis en créant l'association « A Chacun son cap ». Le troisième point commun : leur jolie marraine de prestige, la navigatrice Ellen McArthur qui, aujourd'hui et demain, devrait venir barrer les bateaux à leurs côtés.

« Un message d'espoir et de volonté »

« A Chacun son cap » est une association brestoise créée en 1995 par le docteur Le Reun et présidée, depuis 2001, par Thomas Folegot, qui a pour but de faire découvrir la voile aux enfants malades de leucémie. « Ce qui nous réunit tous, encadrants comme jeunes mousses, ici, c'est la voile et non pas la maladie ». Un bon moyen de s'évader réellement quelque temps, même si la surveillance médicale est toujours là, en veille. « Et puis, facteur très important aussi, c'est que certains anciens mousses, les plus passionnés de voile qui ont surmonté la maladie, viennent spontanément, une fois le Bafa passé, encadrer les plus jeunes et leur donner ainsi un beau message d'espoir et de volonté », explique Thomas, donnant en exemple Jimmy Rozo, qui s'est même inscrit au conseil d'administration. « Les « anciens », qui ont connu la maladie, nouent ainsi un contact tout à fait privilégié avec les enfants, car ils sont passés par là ».

Une solidarité nationale

Ces opérations, que l'association renouvelle tout l'été, reviennent à 1.067,14 € par enfant.
Cet argent provient d'une grande synergie nationale mettant en jeu les Fondations des hôpitaux de Paris et de France (dont les fameuses pièces jaunes), le conseil général du Finistère, l'association des parents d'enfants l'Afelt d'Angers, l'association Roseau de Reims, Vie Espoir de Rouen, et Arhepan de Rhône-Alpes.
Vendredi, ces 27 enfants et tous leurs encadrants reviendront au port du Kernével avec, à n'en pas douter, de belles histoires dans le sac marin.